Catégorie : JE DEMANDE LA SOEUR

Un caractère bien trempé, la soeur sait très bien ce qu’elle veut dans la vie depuis son plus jeune âge. Dans la Pretty Family : je demande la soeur.

Ma fille, des lunettes tu porteras

Ma Louloute de 4 ans a fait sa première année de maternelle. Cette année, le médecin scolaire est passé voir chaque enfant individuellement pour faire un point général sur l’état de santé de nos chères têtes blondes.

Je ne savais pas d’avance quel jour cela tomberait sur ma Louloute mais un soir dans son sac à dos je découvre une enveloppe estampillée avec un timbre indiquant « Docteur P. » J’ouvre et je déplie la lettre : « Madame, Monsieur, suite à la consultation de votre fille, j’ai remarqué une gêne au niveau de son œil droit. Je vous conseille de prendre rendez-vous avec un spécialiste ».

Ma première réaction fut de prendre cela un peu à la légère, je me suis dit qu’un médecin scolaire ne pouvait pas détecter ce genre de chose, qu’elle n’était pas ophtalmologue, et blablabla. Bref, je n’avais pas envie de croire que ma fille avait un problème aux yeux.

Et le lendemain, après en avoir parlé avec Mister, je décide de contacter un ophtalmologue, conseillé par notre médecin généraliste, afin que la Louloute consulte assez rapidement. Rendez-vous donc fixé, Mister emmène notre fille. L’examen se déroule normalement, le médecin propose de mettre des lunettes de « pirate d’eau douce » comme me l’a répété ma fille. Elle lui fait reconnaître des images et des lettres, l’œil gauche pas de soucis, parfaite lisibilité, même trop parfaite. L’œil droit, c’est complètement flou, ma fille ne voit rien et ne reconnaît rien. Le verdict tombe et est sans appel : astigmate, 10 à l’œil gauche et 6 à l’œil droit. La norme c’est 7 pour chaque œil. Ma Louloute a donc un œil trop en éveil et un œil endormi. Elle va devoir porter des lunettes tous les jours jusqu’à l’âge de 6 ans, car nous apprenons par l’ophtalmologue que c’est à cet âge là que la vue se fixe. Donc, normalement, si ma fille porte régulièrement ses lunettes, sa vue devrait être corrigée. Si dans 3 mois, son « oeil endormi » ne se réveille pas un peu, elle portera « un cache » sur l’oeil trop en éveil. Et dans le cas où elle ne les met pas tous les jours, elle se verra porter des lunettes à vie.

Nous voilà donc partis ce matin en direction de l’opticien. Louloute a fait plusieurs essais de lunettes et a finalement fait son choix sur une paire rose pour le quotidien et une paire noire pour le soleil. Elle était ravie de choisir ses lunettes comme une grande. La voir porter des lunettes m’a fait un drôle d’effet, j’avais une grande fille devant moi, elle venait de prendre quelques années en quelques secondes. Je la vois toujours comme un bébé mais ce matin cela a changé.

Et vous ? Avez-vous détecté à temps les problèmes de vue de vos enfants ?

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Je veux rester ton bébé personnel

Un soir, alors que j’étais enceinte de 8 mois, ma Louloute de 4 ans toute triste est venue me voir pour me confier ses inquiétudes face à l’arrivée de sa petite sœur.

Elle a toujours voulu une petite sœur mais le jour où cela s’est concrétisé et plus mon ventre s’arrondissait, un sentiment d’ambivalence est apparu : le fameux « je suis contente mais un petit peu pas contente ».

C’est donc un soir qu’elle me dit : « maman, je ne veux pas que ma petite sœur naisse, je veux rester ton bébé personnel ». J’ai adoré cette expression qui signifie dans son langage « enfant unique ». J’ai souri mais tout de suite j’ai compris sa peur, celle d’être abandonnée par sa mère pour une autre petite fille. Je ne cache pas que cela m’a un peu attristé. Mais je lui ai expliqué que j’aurais adoré avoir une petite sœur. Avec elle, elle va pouvoir jouer, se disputer, avoir une complicité ou pas, partager des secrets.

Elle a manifesté ses craintes à plusieurs reprises :

–  » Maman, j’ai peur que ma petite sœur prenne tout ton cœur « .

–  » Mais non, mon cœur est assez grand pour vous deux, je peux partager tu sais « .

–  » Non, je ne veux pas partager. Stp maman, promets moi que tu ne l’aimeras pas, stp stp stp stp « .

–  » Euh non ce n’est pas possible « … crise de larmes de la Louloute.

Une autre fois :  » Maman, moi je voudrais naître en même temps que ma petite sœur, je voudrais retourner dans ton ventre stp et comme ça je vais renaître avec elle « . Euh beurk, je ne veux même pas imaginer la scène.

Mais le moment où j’ai vraiment compris son mal être c’est le jour où nous sommes revenues de la bibliothèque avec un livre sur l’anatomie. Il y avait sur une page le dessin d’une femme enceinte et il était dessiné un bébé relié par le cordon ombilical à sa mère. Louloute me demande :

– « Maman, c’est quoi le fil accroché au bébé ? »

– « C’est le cordon qui relie le bébé à la maman ».

– « C’est pour pas qu’il glisse ».

– « Oui aussi… ».

– « Et ma soeur aussi elle en a un ? »

– « Oui ».

– « Han, je voulais qu’elle glisse ».

En langage adulte cela ressemblerait au mot « fausse couche ». Mais je ne lui en veut pas du tout d’avoir prononcer ces paroles. Et je suis même contente d’avoir une petite fille qui communique facilement et m’explique ses craintes.

Il est tout à fait normal qu’elle ne comprenne pas encore qu’elle a bénéficié d’une exclusivité pendant 4 ans, chose que sa sœur ne connaîtra jamais. Louloute aura eu la primeur à tous les niveaux. Premier parc d’éveil, premier transat, première trotti’, premier vélo, premiers petits vêtements. Alors que sa soeur va tout récupérer derrière, bah oui c’est ça d’être number two, tu hérites tout du grand (enfin j’espère pas le tempérament ;-)).

Elle ne sait pas à quel point être enfant unique est pénible. Evidemment je parle de mon cas personnel. Pour ma part c’était des weekends à jouer toute seule parce que mon père ça le gonflait franchement de jouer à la barbie et ma mère travaillait tout le temps, je crois d’ailleurs qu’elle préfèrait être au travail, et le weekend elle n’avait pas forcément l’envie ni le temps de jouer non plus.

Les vacances en trio où tu t’emmerdes royalement et que tu dois suivre tes parents en fermant ta tronche, car oui tu es un enfant et tu n’as pas ton mot à dire (époque où l’on ne donnait pas la parole à l’enfant, où Dolto n’était pas à la mode pour mes parents).

Etre enfant unique, c’est aussi être souvent l’arbitre de tes parents quand ils s’engueulent, car pas foutus de se débrouiller seuls et comme tu es le seul témoin de toutes ces scènes c’est plus facile pour eux de t’utiliser comme arbitre, et tu en prends plein la tronche tout seul. Je ne parle même pas des effets de ces situations sur le long terme (avis et vécu personnel).

Etre enfant unique, c’est également supporter seul le chagrin quand l’un des parents décède. Alors qu’à deux, c’est beaucoup plus facile de se serrer les coudes en cas de malheur et d’avancer sans culpabiliser.

Alors oui ma fille, tu n’auras plus cette exclusivité, mais peut-être que grâce à nous, tu auras pleins de souvenirs quand tu seras à ton tour maman. Je ne peux pas te prédire que vous vous entendrez parfaitement mais je suis sûre que vous aurez des moments merveilleux à vivre ensemble.

 Et vous, avez-vous décidé de faire un enfant unique ?

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